Luca Parmitano, pilote d’Artémis III : l’Italien qui s’envole

Luca Parmitano rejoint l’équipage d’Artémis III en 2027. Retour sur ses records européens à l’ISS, en partie effacés par Thomas Pesquet, et sur cette mission.

Luca Parmitano pilote d'Artémis III : l'Italien qui change de dimension

Depuis le 9 juin 2026, c’est officiel : Luca Parmitano est le pilote de la mission Artémis III, attendue en 2027. Il volera à bord de la capsule Orion pendant deux semaines, aux côtés de trois astronautes américains (Randolph Bresnik, Andre Douglas et Francisco Rubio), avec Bob Hines comme réserviste. C’est la première fois qu’un Européen intègre l’équipage de cette mission lunaire, ce qui donne à l’ESA une visibilité inédite dans le programme Artémis, au-delà de sa contribution déjà existante via le module de service Orion.

C’est aussi l’occasion de revenir sur un parcours qui mêle records, anecdotes marquantes et une concurrence fraternelle avec un certain Thomas Pesquet.

Deux missions ISS, six EVA et un incident qui ne s’oublie pas

Luca Parmitano, 49 ans, a effectué deux missions de longue durée à bord de la Station spatiale internationale. Il a également commandé l’ISS, et compte six sorties extravéhiculaires (EVA) à son actif. L’une d’elles est restée dans les mémoires pour de mauvaises raisons : de l’eau s’est infiltrée dans son casque lors d’une sortie en 2013, le mettant en danger de noyade dans le vide spatial. Un incident classé parmi les plus sérieux de l’histoire des sorties extravéhiculaires.

Ces deux séjours et ces six EVA ont longtemps fait de Parmitano le mètre-étalon du vol spatial européen. Il est recruté en 2008 dans la même promotion ESA que Thomas Pesquet, une cohorte qui comprend aussi une autre Italienne, un Allemand, un Anglais et un Danois. À ce moment-là, personne ne sait encore que cette promotion va réécrire plusieurs fois le palmarès européen.

Thomas Pesquet, le Français qui a remonté les classements

Le premier vol de Pesquet (mission Proxima, novembre 2016 à juin 2017) lui donne une notoriété grand public considérable, notamment en France. Mais c’est son second vol, la mission Alpha (avril à novembre 2021), qui bouleverse les statistiques européennes.

Après ses deux missions, selon Numerama, Thomas Pesquet totalise 396 jours en orbite contre 367 pour Parmitano. Un écart de 29 jours, modeste à l’échelle d’une carrière spatiale, mais suffisant pour inverser le classement européen.

Côté sorties extravéhiculaires, l’histoire est similaire. Pesquet affiche désormais 39 heures et 54 minutes en EVA, contre 33 heures et 9 minutes pour Parmitano. Le Français devient ainsi le premier Européen au classement ESA sur ce critère. En nombre de sorties en revanche, les deux hommes sont à égalité parfaite : six EVA chacun. Pesquet n’a pas tout raflé, il a rejoint son collègue sur ce point précis.

Le record que Pesquet n’a pas pris

Il reste un chiffre où Parmitano résiste. Sa mission Beyond, achevée en février 2020, demeure la plus longue mission européenne en une seule fois. Ce record tient face à Pesquet, mais aussi face à Samantha Cristoforetti et Andreas Mogensen. Dans la bataille des compteurs, l’Italien n’a pas totalement disparu du podium.

Concrètement, ce que ça veut dire : Parmitano a perdu le leadership sur les totaux cumulés, mais conserve la référence sur l’endurance en mission unique. Ce sont deux métriques différentes, et les deux comptent dans l’histoire du vol spatial européen.

Artémis III : un nouveau terrain, pas une retraite statistique

Ce qui change avec la nomination de Parmitano à Artémis III, c’est le cadre narratif. Jusqu’ici, la concurrence avec Pesquet se jouait sur le terrain ISS. Avec cette mission lunaire, Parmitano sort de cette comparaison pour entrer dans une autre catégorie : celle des astronautes européens associés au retour de l’humanité vers la Lune.

La mission Artémis III lui ajoutera environ deux semaines à son compteur personnel de temps en orbite. Ce n’est pas un écart qui va révolutionner les classements. Mais ce n’est pas l’essentiel. Être pilote d’une mission Orion autour de la Lune, c’est un positionnement différent de recordman ISS.

De son côté, Thomas Pesquet va lui aussi allonger son compteur en 2027, avec la mission Vast à destination de l’ISS. La bataille des totaux va donc continuer, mais sans que les positions relatives changent radicalement à court terme.

Ce que ça change pour l’ESA

L’inclusion d’un astronaute européen dans l’équipage Artémis III n’est pas anodine sur le plan institutionnel. L’ESA contribue déjà au programme via le module de service Orion, mais avoir un pilote européen à bord d’une mission habitée vers la Lune, c’est une visibilité d’un autre ordre.

Pour les agences spatiales nationales et les partenaires industriels européens, c’est aussi un argument. La France, l’Italie, l’Allemagne investissent dans l’ESA en partie pour que leurs ressortissants volent. Parmitano dans Artémis III, c’est la preuve que cet investissement ouvre des portes au-delà de l’orbite terrestre basse.

À noter également : la portée de la mission Artémis III est plus limitée qu’initialement prévu. Aucun alunissage confirmé avec l’équipage européen dans ce scénario précis. Mais la trajectoire reste significative.

Mon avis

Je trouve cette situation assez éloquente sur ce qu’est vraiment une carrière d’astronaute. Parmitano perd des records face à Pesquet sur l’ISS, et au lieu de piétiner, il se retrouve pilote d’une mission lunaire. Les classements de temps cumulé, c’est intéressant comme mesure d’engagement, mais ça ne dit pas grand-chose sur l’impact réel. Être l’un des premiers Européens à orbiter autour de la Lune dans le cadre d’Artémis, c’est une page différente. À suivre aussi de près : Sophie Adenot, qui pourrait rapidement rebattre les cartes de ce palmarès européen dans les prochaines années.

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FAQ

Qui est Luca Parmitano et quel est son rôle dans Artémis III ?

Luca Parmitano est un astronaute italien de l’ESA, 49 ans, recruté en 2008. Il est nommé pilote de la mission Artémis III depuis le 9 juin 2026. Il volera à bord de la capsule Orion pendant deux semaines en 2027, aux côtés de trois astronautes américains.

Thomas Pesquet a-t-il tous les records européens de l’ISS ?

Non. Pesquet dépasse Parmitano en temps cumulé en orbite (396 jours contre 367) et en durée totale d’EVA (39h54 contre 33h09). Mais Parmitano conserve le record du plus long séjour européen en une seule mission, avec Beyond, terminée en février 2020. En nombre de sorties, les deux sont à égalité avec six EVA chacun.

Quand la mission Artémis III est-elle prévue ?

La mission Artémis III est attendue en 2027, sauf changement de calendrier. Ce type de mission a connu plusieurs reports ces dernières années, donc la date reste à confirmer.

Y aura-t-il un alunissage européen lors d’Artémis III ?

La portée de la mission est plus limitée qu’initialement prévu. Aucun alunissage confirmé pour l’équipage dans la configuration actuelle de la mission.

Qui est Sophie Adenot et pourquoi est-elle mentionnée ?

Sophie Adenot est une astronaute française de l’ESA, recrutée en 2022. Elle est citée comme une figure susceptible de s’imposer rapidement en haut du classement européen des astronautes, au fil de ses futures missions.

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