VivaTech ouvre ses portes mercredi 17 juin à Paris pour sa 10e édition. Pendant quatre jours, la Porte de Versailles devient le plus grand rassemblement tech d’Europe. IA, robots, souveraineté numérique : voici ce qui va se passer.
Un salon qui change de dimension
L’édition 2026 passe de 50 000 à 70 000 mètres carrés d’exposition. Les organisateurs attendent près de 15 000 startups, 4 000 investisseurs et des représentants de 170 pays, répartis dans 60 pavillons nationaux.
L’objectif est de dépasser les 180 000 visiteurs enregistrés l’an dernier. Pour fêter ce dixième anniversaire, une opération de communication a déjà eu lieu sur les Champs-Élysées dimanche 15 juin, avec des démos ouvertes au grand public.
Selon Maddyness, les organisateurs qualifient eux-mêmes l’événement d‘“exposition universelle de l’innovation”. Le format grandit, les enjeux aussi.
L’IA physique et les robots sous les projecteurs
Cette année, les robots dopés à l’IA occupent une place centrale. Danse, transport de charges lourdes, nettoyage, accueil hôtelier : les démonstrations sont prévues tout au long de la semaine.
Du côté chinois, Unitree et Agibot amèneront leurs humanoïdes avec des performances de déplacement. Du côté européen, Genesis, Botiful et Pal Robotics présenteront leurs propres avancées.
Ce qui rend cette vague crédible maintenant : le coût des robots a chuté de 30 à 40 % par rapport à l’an dernier, selon Sylvain Duranton, directeur monde de l’entité tech de BCG. Les modèles d’IA qui les entraînent s’améliorent en parallèle.
Thomas Husson, analyste Forrester, résume bien l’ambiance : « C’est une incarnation de l’IA de demain avec tous les fantasmes et les peurs associés. »
L’armateur français CMA CGM apportera une dimension industrielle concrète, en montrant comment un robot peut fluidifier des opérations logistiques. C’est moins spectaculaire qu’un humanoïde qui danse, mais c’est là que se joue vraiment l’adoption.
Si tu travailles sur des workflows d’automation dans ton business, ces usages robotiques rejoignent les mêmes logiques que ce que je couvre dans mon guide sur automatiser son business.
Macron, Modi et la coalition des non-alignés
La souveraineté numérique est l’autre grand fil rouge de l’édition. L’Europe cherche à réduire sa dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis et de la Chine. VivaTech devient un terrain pour afficher cette ambition.
Emmanuel Macron est attendu sur scène jeudi. Narendra Modi, présent en France pour le G7 à Évian, doit aussi s’exprimer à VivaTech.
Sylvain Duranton (BCG) parle d’une « coalition de puissances non hégémoniques » : France, Inde, Canada, Japon. Ces pays veulent peser dans l’IA sans se soumettre à la sphère d’influence américaine ou chinoise. C’est un positionnement géopolitique autant que technologique.
L’Allemagne est cette année le pays à l’honneur. Une délégation de près de 200 startups couvre des domaines allant de l’IA à la greentech. Le ministre du Numérique allemand Karsten Wildberger sera là, ainsi que des dirigeants de Siemens et SAP.
Ce contexte de tension et de repositionnement européen touche directement les startups françaises qui s’internationalisent. J’ai justement couvert les erreurs d’internationalisation des startups françaises : les enjeux de souveraineté que VivaTech met en scène ont des conséquences très concrètes sur les choix de marché.
Les personnalités à suivre
Plusieurs noms retiennent l’attention :
- Yann LeCun : le Français, ancien responsable de la recherche IA chez Meta, présente sa nouvelle startup AMI.
- David Limp : directeur général de Blue Origin.
- Peter Steinberger : créateur d’OpenClaw, un outil de déploiement d’agents IA autonomes, qui a connu une adoption mondiale rapide.
- Shantanu Narayen : patron d’Adobe.
- Christophe Fouquet : directeur général d’ASML.
- Joe Tsai : président d’Alibaba.
Les organisateurs gardent aussi le suspense sur un “invité surprise” dont le nom doit être annoncé en début de semaine prochaine.
La présence de LeCun avec AMI est celle qui m’intéresse le plus. Il a été l’un des plus critiques envers la course aux grands modèles de langage, et sa vision de l’IA “incarnée” dans des systèmes physiques colle exactement avec ce que le salon met en avant cette année.
Ce que ça veut dire pour toi
VivaTech est souvent perçu comme un événement pour les startups en financement ou les grands groupes qui veulent montrer leur image. Mais il y a un angle concret pour tout entrepreneur digital ou marketeur.
Les démos de robots et d’agents IA autonomes (comme OpenClaw) annoncent des outils qui vont atterrir dans nos stacks dans les 12 à 24 prochains mois. La baisse du coût des automates s’applique aussi, par analogie, aux agents logiciels : les coûts d’API baissent, les workflows no-code s’enrichissent, les cas d’usage deviennent accessibles sans budget enterprise.
Sur le front de la souveraineté, les arbitrages entre outils américains et alternatives européennes (stockage, CRM, emailing) deviennent un vrai sujet pour les équipes qui gèrent des données clients. Mon guide sur le choix du stockage cloud couvre précisément ces arbitrages de conformité et de localisation des données.
Et si tu travailles sur la gestion de projet ou d’équipe, les annonces autour des agents autonomes vont directement impacter les outils comme Notion, ClickUp ou Linear. C’est une bonne raison de revisiter comment tu gères tes projets actuellement avant que ces outils n’intègrent des couches IA qui changent les workflows.
Mon avis
VivaTech 2026 est l’édition la plus politique de son histoire. La souveraineté numérique n’est plus un discours de niche, elle structure les discussions au niveau des chefs d’État. Pour les praticiens du SaaS et du marketing digital, l’enjeu pratique est là : quels outils choisir dans un contexte où les règles du jeu géopolitiques changent ? Les réponses ne viendront pas d’un discours de Macron sur scène, mais les signaux envoyés cette semaine vont orienter les investissements et les feuilles de route produits pendant plusieurs années.
Information & avertissement
Cet article est rédigé à titre informatif. Les informations proviennent de sources publiques citées dans le texte. Certains liens vers des outils ou services présents sur ce site peuvent être des liens affiliés : je peux percevoir une commission si tu passes par ces liens, sans surcoût pour toi (conformément aux règles DGCCRF et ARPP). Les plans tarifaires et fonctionnalités des outils mentionnés sont susceptibles d’évoluer : vérifie toujours les conditions en vigueur sur le site de l’éditeur avant de prendre une décision d’achat.
FAQ
Quand et où se tient VivaTech 2026 ?
VivaTech 2026 se tient du 17 au 20 juin à la Porte de Versailles, à Paris. Le salon s’étend cette année sur 70 000 mètres carrés, contre 50 000 l’an dernier.
Quel est le thème principal de cette 10e édition ?
Trois grands sujets structurent le programme : l’intelligence artificielle (dont l’IA physique et les agents autonomes), la robotique humanoïde, et la souveraineté numérique européenne face aux géants américains et chinois.
Qui sont les intervenants confirmés à VivaTech 2026 ?
Emmanuel Macron, Narendra Modi, Yann LeCun (startup AMI), Shantanu Narayen (Adobe), Joe Tsai (Alibaba), Christophe Fouquet (ASML) et David Limp (Blue Origin) sont notamment annoncés. Un invité surprise doit être révélé en début de semaine.
Pourquoi le coût des robots baisse-t-il autant ?
Selon Sylvain Duranton (BCG), le coût des automates a chuté de 30 à 40 % en un an. Cette baisse s’explique par la combinaison d’une production à plus grande échelle et de l’amélioration des modèles d’IA qui permettent de les entraîner plus efficacement.
Comment assister à VivaTech si on n’est pas exposant ?
VivaTech propose des billets pour le grand public lors des journées ouvertes. Les tarifs et modalités d’inscription sont disponibles sur le site officiel de l’événement. Les journées professionnelles nécessitent un badge spécifique.