La semaine du 10 juillet 2026 confirme une tendance lourde : les investisseurs misent massivement sur l’IA française. Selon Maddyness, les startups françaises ont bouclé 113 millions d’euros de levées cette semaine. Sur ce total, 64,6 M€ partent directement vers six projets qui ont l’IA au coeur de leur proposition de valeur. C’est presque 57 % du gâteau.
L’IA récolte 64,6 M€ en une semaine
Six startups, six verticales différentes, un dénominateur commun : l’IA comme infrastructure. Voici le détail.
Gradium : 26,3 M€ pour la voix IA
Gradium est le plus gros tour de la semaine côté IA. La startup développe des modèles d’IA dédiés à la voix. On est exactement dans la même dynamique que ce qu’OpenAI pousse avec GPT-Live-1 : la voix devient une interface à part entière, pas un gadget. Avec 26,3 M€, Gradium a de quoi consolider ses datasets et ses modèles pendant plusieurs mois.
ZML : 17,5 M€ contre la dépendance aux puces
ZML lève 17,5 M€ pour un problème structurel : la dépendance des entreprises à un seul fournisseur de puces IA. La pénurie de mémoire DRAM que j’analysais récemment illustre exactement ce risque. ZML propose une couche d’abstraction pour que les entreprises puissent switcher de fournisseur sans refondre leur stack. C’est un pari B2B sérieux sur la résilience hardware des orgs.
Bohr Énergie : 10 M€ pour les marchés de l’électricité
Bohr Énergie s’attaque aux marchés de l’électricité. L’idée : optimiser l’accès des producteurs d’énergies renouvelables à ces marchés grâce à l’IA. Ce n’est pas un sujet grand public, mais c’est un chantier à très fort levier financier. Les producteurs perdent de l’argent chaque heure mal négociée. Un algorithme bien calé change la donne.
Naaia : 6 M€ pour la gouvernance IA
Naaia lève 6 M€ pour aider les entreprises à gouverner et documenter leurs systèmes d’IA. C’est un segment qui explose avec l’entrée en vigueur progressive de l’AI Act européen. Documenter qui fait quoi dans un pipeline IA n’est plus optionnel, c’est réglementaire. Le timing est bon.
La question de la souveraineté IA et du contrôle réglementaire que je couvrais fin juin renforce encore l’intérêt pour ce type de solution : les entreprises cherchent à auditer et contrôler leurs dépendances IA.
Panora : 3,3 M€ pour les courtiers en assurance
Panora boucle 3,3 M€ en equity pour automatiser les tâches des courtiers en assurance. C’est un use case verticalisé, précis, avec un marché captif. Les courtiers passent un temps fou sur des tâches répétitives de qualification et de documentation. Un outil bien ciblé sur ce segment peut aller chercher une adoption rapide.
Rivage : 1,5 M€ pour la gestion locative IA-native
Rivage récolte 1,5 M€ pour une plateforme de gestion locative conçue nativement pour l’IA. La promesse n’est pas “on a ajouté de l’IA à notre logiciel de 2015”, mais une architecture pensée dès le départ pour des workflows IA. C’est une distinction importante quand on parle de stack proptech.
Ce que ça change pour toi
Si tu construis un SaaS ou un outil no-code, ces levées envoient un signal clair : la verticalisation gagne. Chacune de ces six startups s’attaque à un secteur précis (voix, assurance, immobilier, énergie, gouvernance IA, infrastructure hardware). Les généralistes ont du mal à lever aujourd’hui ; les acteurs ultra-focalisés, eux, trouvent des fonds.
Deuxième signal : l’infrastructure IA devient un marché en soi. ZML et Naaia ne vendent pas une fonctionnalité IA, ils vendent de la résilience et de la conformité autour de l’IA. Si tu positionnes ton SaaS comme une couche d’infrastructure ou de gouvernance, tu accèdes à des budgets IT différents, souvent plus larges et plus stables que les budgets marketing.
Troisième signal pour les entrepreneurs qui lisent ceci : 64,6 M€ en une semaine sur l’IA française, c’est aussi du signal pour les recrutements tech qui vont suivre. Ces équipes vont embaucher. Elles vont aussi acheter des outils : CRM, automation, emailing, analytics. Le marché des outils SaaS B2B en France s’en nourrit directement.
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Mon avis
113 M€ en une semaine, c’est solide, mais le chiffre qui m’intéresse vraiment c’est la concentration : 57 % sur l’IA. Ce n’est pas une mode, c’est une restructuration des priorités d’allocation de capital. Les investisseurs français ne financent plus l’IA comme un secteur parmi d’autres ; ils financent l’IA comme le socle de presque tout le reste. Pour un entrepreneur SaaS, la question n’est plus “est-ce que j’intègre de l’IA ?” mais “est-ce que mon positionnement IA est assez différencié pour lever ?”
FAQ
Combien ont levé les startups françaises cette semaine ?
Selon Maddyness, les startups françaises ont levé 113 millions d’euros au total sur la semaine du 10 juillet 2026.
Quelle startup IA a réalisé la plus grosse levée ?
Gradium mène avec 26,3 M€. La startup développe des modèles d’IA spécialisés dans la voix.
Qu’est-ce que ZML propose exactement ?
ZML développe une solution pour réduire la dépendance des entreprises à un seul fournisseur de puces IA. L’objectif est de pouvoir switcher d’infrastructure sans refondre son stack technique.
Pourquoi Naaia lève-t-elle des fonds maintenant ?
Le timing correspond à l’entrée en vigueur progressive de l’AI Act européen. Les entreprises doivent documenter et gouverner leurs systèmes d’IA : Naaia répond directement à cette obligation réglementaire.
Ces levées concernent-elles des startups accessibles aux PME ?
Panora (assurance) et Rivage (gestion locative) ciblent des marchés de taille intermédiaire. ZML et Naaia visent plutôt les grandes entreprises. Les use cases sont très variés selon la cible client.



