C12, la startup française spécialisée dans le calcul quantique, vient de recruter Julien Sarry comme responsable de l’ingénierie. L’ingénieur a passé 8 ans chez Apple à Cupertino, où il pilotait l’intégration des modules LiDAR et caméra des iPhone Pro et iPad Pro. Il quitte la Silicon Valley pour rejoindre Paris à un moment précis : celui où C12 bascule de la recherche vers la production industrielle.
Qui est Julien Sarry ?
Julien Sarry a construit sa carrière autour de la photonique et de la technologie LiDAR. Pour rappel, le LiDAR est une technologie de télédétection qui utilise la lumière laser pour mesurer des distances : elle équipe notamment les véhicules autonomes, mais aussi les smartphones haut de gamme depuis quelques années.
Avant Apple, il avait fondé une startup centrée sur les systèmes LiDAR. Cette entreprise avait attiré l’attention de Vaisala, groupe finlandais spécialisé dans les instruments de mesure environnementale, qui l’avait rachetée. C’est ce parcours, mêlant fondation de startup et passage dans un géant mondial, qui intéresse C12.
Sa propre lecture du moment est claire : « Pendant des années, j’ai industrialisé des technologies de détection parmi les plus avancées au monde, jusqu’à les produire à très grande échelle. Le quantique est aujourd’hui à un tournant comparable : la science est là, tout l’enjeu est désormais de la rendre fabriquable, fiable et reproductible. »
Ce que C12 lui demande vraiment
Ce recrutement n’est pas un coup de communication. C12 a une feuille de route précise : livrer un calculateur quantique universel tolérant aux fautes d’ici 2033. Pour y arriver, la startup a besoin de quelqu’un qui sait faire passer une technologie du laboratoire à la production de masse.
Pierre Desjardins, co-fondateur et CEO de C12, l’explique sans détour dans le communiqué repris par Maddyness : « Peu de gens au monde savent faire passer une technologie de rupture du laboratoire à la production de masse. Julien l’a fait chez Apple, à l’échelle de centaines de millions d’appareils. »
C’est exactement le problème de fond de l’informatique quantique en 2026. Les démonstrations scientifiques existent. Les laboratoires publient. Mais transformer des qubits fragiles en produits industriels reproductibles, c’est une autre discipline. C12 parie que les méthodes éprouvées dans la fabrication à grande échelle de composants photoniques sont transposables au quantique.
Une croissance d’équipe qui va avec
Le recrutement de Julien Sarry s’inscrit dans une montée en puissance plus large. C12 comptait 45 collaborateurs il y a un an. Elle en compte aujourd’hui 80, issus de 27 nationalités différentes. Parmi eux, des profils venus de la NASA ou d’OVHcloud. La cible d’ici fin 2026 : 120 personnes.
Cette croissance est financée. La startup a levé 18 millions d’euros en 2024. Elle a décroché en 2025 une subvention d’innovation de 13,9 millions d’euros dans le cadre du plan France 2030. Et en arrière-plan, Emmanuel Macron vient d’annoncer une rallonge d’un milliard d’euros pour la filière quantique française, un signal fort pour attirer et retenir des talents de haut niveau.
La French Tech qui reconquiert ses expatriés
Ce mouvement de retour des Français de la Silicon Valley est un phénomène qui mérite d’être noté. Quelques mois avant Julien Sarry chez C12, Doctolib avait recruté Pierre Fite-Georgel (ex-Niantic) comme VP Ingénierie et Alexandre Sahyoun (ex-Meta) comme VP Produit. Deux profils formés aux pratiques d’ingénierie et de product des plus grandes structures de la tech américaine, ramenés en France pour accélérer une boîte tricolore.
Ce n’est pas de la nostalgie. C’est un calcul. La France offre aujourd’hui un contexte plus favorable qu’avant sur certains sujets de deep tech : financement public structuré, écosystème quantique dense, et visibilité internationale croissante. L’AI Now Summit organisé par Mistral AI au Louvre en mai 2026 illustre aussi cette dynamique : la French Tech cherche à s’imposer sur les sujets technologiques de rupture, pas seulement à suivre.
Ce que ça change concrètement
Pour C12, l’arrivée de Julien Sarry marque un pivot de posture. La startup ne se présente plus comme un laboratoire avec une promesse lointaine. Elle se positionne comme une entreprise d’ingénierie avec un plan de production.
La question qui reste ouverte est celle de l’échelle de temps. 2033 pour un calculateur quantique tolérant aux fautes, c’est ambitieux. D’autres acteurs mondiaux, IBM, Google, IonQ, travaillent sur des jalons similaires avec des ressources autrement plus importantes. Mais C12 mise sur une approche différenciée basée sur les nanotubes de carbone, et sur la capacité à industrialiser avant les autres. C’est ce pari que Julien Sarry est censé tenir.
Mon avis
Je pense que ce recrutement est un signal concret, pas un coup de com. Le profil de Julien Sarry colle exactement au problème de C12 : pas besoin d’un chercheur de plus, mais de quelqu’un qui sait industrialiser. Le fait qu’Apple ait produit des modules LiDAR à l’échelle de centaines de millions d’appareils, avec les contraintes de qualité que ça implique, c’est une référence crédible. Reste à voir si les méthodes de la photonique de grande série sont vraiment transposables aux qubits. La réponse sera visible dans les générations de produits que C12 sortira entre 2026 et 2033.
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FAQ
Qu’est-ce que C12 ?
C12 est une startup française fondée à Paris, spécialisée dans le calcul quantique. Elle développe des processeurs quantiques basés sur des nanotubes de carbone et vise à produire un calculateur quantique universel tolérant aux fautes d’ici 2033.
Qui est Julien Sarry et pourquoi son recrutement compte ?
Julien Sarry est un ingénieur français avec plus de 15 ans d’expérience en photonique et LiDAR. Il a piloté pendant 8 ans chez Apple l’intégration des modules LiDAR des iPhone Pro et iPad Pro. C12 le recrute pour son expertise rare en industrialisation de technologies de rupture à grande échelle.
Combien C12 a-t-elle levé ?
C12 a levé 18 millions d’euros en 2024 et obtenu une subvention d’innovation de 13,9 millions d’euros en 2025 dans le cadre du plan France 2030. La France a par ailleurs annoncé une rallonge d’un milliard d’euros pour la filière quantique nationale.
Quel est l’objectif de C12 d’ici 2033 ?
La startup vise à livrer un calculateur quantique universel tolérant aux fautes d’ici 2033, construit génération après génération. L’arrivée de Julien Sarry doit accélérer le passage de la phase de recherche à la fabrication industrielle.
Est-ce que des ingénieurs de la Silicon Valley reviennent souvent en France ?
C’est un mouvement qui s’accélère. Doctolib a recruté récemment deux profils ex-Niantic et ex-Meta pour ses postes VP Ingénierie et VP Produit. Le contexte français, avec les financements publics en deep tech et la visibilité internationale croissante de l’écosystème, rend ces retours plus fréquents.