Ornikar rachète En Voiture Simone : cap sur 150 M€ et l'Europe

Ornikar avale son concurrent En Voiture Simone pour dépasser 150 millions d'euros de revenus et couvrir plus de 10 % du marché des auto-écoles en France.

Ornikar rachète En Voiture Simone : cap sur 150 M€ et l'Europe

Ornikar vient de racheter son principal concurrent, En Voiture Simone. L’opération, dont les modalités financières n’ont pas été communiquées, recompose le paysage de la formation à la conduite en France. Les deux marques sont maintenues, mais l’entité combinée change clairement de dimension.

Ce que rassemble cette acquisition

Selon Maddyness, le nouvel ensemble revendique plus de 10 % du marché total des auto-écoles en France, avec plus d’un million d’élèves accompagnés chaque année et un réseau de plus de 3 000 enseignants indépendants.

Philippe Maso y Guell Rivet, PDG d’Ornikar, résume l’ambition avec une formule directe : « Il reste 90 % du marché à aller chercher. » Ce n’est pas une posture marketing, c’est le cadre stratégique de l’opération.

Côté chiffres, les deux acteurs affichaient ensemble en 2025 :

  • Ornikar : 104 millions d’euros de chiffre d’affaires
  • En Voiture Simone : 38 millions d’euros de revenus

Total consolidé probable pour 2026 : plus de 150 millions d’euros, si les deux structures tournent à régime comparable. Ce franchissement de seuil positionne Ornikar dans une autre catégorie de la French Tech.

Le rôle de Cosmobilis dans le deal

En Voiture Simone n’était pas une start-up indépendante au moment du rachat. Elle avait rejoint Cosmobilis en 2021, un groupe européen de distribution physique et digitale de véhicules. L’objectif initial de ce rapprochement : construire une offre combinant financement et assurance pour les jeunes conducteurs accédant à leur première voiture.

Ornikar ne rompt pas ce lien. Il formalise au contraire un partenariat avec Cosmobilis, désormais « actionnaire majoritaire sortant » d’En Voiture Simone. Jean-Louis Mosca, PDG de Cosmobilis, parle d’une opération « structurante » qui adresse un marché de 100 000 jeunes conducteurs et 3 000 moniteurs.

Concrètement, ce partenariat prolonge la logique d’Ornikar : proposer un parcours de A à Z, du code de la route jusqu’à l’assurance et potentiellement au financement du véhicule. Le produit devient plus épais, et la valeur client sur l’ensemble du cycle augmente.

Une consolidation qui s’était fait attendre

Ornikar avait levé 100 millions d’euros en 2021. À l’époque, les ambitions étaient larges : États-Unis, Brésil, Inde, Japon. Le retournement du marché tech en 2022-2023, avec la priorité brutale mise sur la rentabilité, avait refermé ces horizons.

La société s’est recentrée sur la France et la rentabilité. Résultat : 104 millions d’euros de revenus en 2025 et un effectif de 276 salariés. C’est à partir de cette base assainie que la réflexion sur une croissance externe a repris, selon le PDG, « l’an passé ». En Voiture Simone s’est imposé comme le partenaire le plus évident après des discussions jugées « les plus constructives ».

Ce cycle, consolidation après hyper-croissance puis pivot rentabilité, est classique dans la tech française. On l’a vu dans d’autres verticales, notamment dans la santé numérique avec des opérations comme le rachat de Médoucine par Cegedim Santé. Les plateformes qui survivent au creux de marché rachètent les concurrents fragilisés ou complémentaires.

L’Europe comme prochain terrain

Le PDG est clair sur la suite : la croissance internationale passera par des acquisitions, pas par du développement organique. « Cela nous a pris 10 ans en France. Donc nous serons plutôt dans une logique d’acquisition en Europe », dit Philippe Maso y Guell Rivet.

Les marchés ciblés en priorité : Allemagne, Italie et Royaume-Uni. Ces trois pays partagent une caractéristique : leur marché de la conduite en ligne est en train de basculer vers le digital, avec un décalage de quelques années sur la France. C’est exactement la fenêtre qu’Ornikar veut exploiter.

Benjamin Gaignault, co-fondateur désormais business angel, a d’ailleurs commencé à investir dans des « mini-Ornikar » en Europe. Le terrain de jeu est donc partiellement balisé avant même que le groupe ne se déploie officiellement.

La référence assumée par Maso y Guell Rivet : Doctolib. « Nous sommes une plateforme qui a vocation à s’européaniser, mais ce n’est pas encore Doctolib. Est-ce qu’on réussira à faire pareil sur notre métier ? L’avenir le dira. » C’est honnête. Doctolib a mis une décennie à s’imposer en Allemagne et en Italie après la France. Le chemin est connu, il reste long.

Ce que ça change pour le secteur

Le marché de l’auto-école en France reste très fragmenté. Malgré sa taille, Ornikar ne couvre que 10 % du total. Les 90 % restants sont répartis entre des structures indépendantes, des franchises et quelques autres acteurs digitaux plus petits.

Cette acquisition envoie un signal aux investisseurs et aux opérateurs du secteur : la consolidation est enclenchée, et elle sera vraisemblablement accélérée par le nouvel ensemble. Les auto-écoles traditionnelles qui n’ont pas encore basculent vers le digital vont se retrouver sous pression.

Pour le lecteur qui cherche une formation au permis ou qui travaille dans l’edtech, l’enjeu est simple : un acteur plus grand peut investir plus en technologie (applications, simulateurs, IA pour les cours de code), mais peut aussi perdre en souplesse tarifaire si la concurrence s’érode.

Mon avis

À mon avis, ce rachat était logique et bien cadencé. Ornikar a attendu d’avoir une base financière solide avant de bouger, et il a ciblé un acteur complémentaire plutôt qu’un doublon pur. Le partenariat avec Cosmobilis sur le financement auto ajoute une couche de revenus récurrents que les pure-players de la conduite n’ont pas. Ce qui me rend prudent : la référence à Doctolib est ambitieuse. Doctolib opère sur un besoin universel et récurrent. Le permis de conduire, c’est une fois dans une vie pour la majorité des gens. Le modèle de rétention et d’expansion européenne sera structurellement différent.

Information et avertissement

Cet article est rédigé à titre informatif sur la base de sources publiques. Les données financières citées proviennent des déclarations des entreprises relayées par Maddyness. Aucune donnée n’a été extrapolée ou inventée. Les projections de chiffre d’affaires combiné sont des estimations arithmétiques basées sur les chiffres 2025 publiés.

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FAQ

Combien a coûté le rachat d’En Voiture Simone par Ornikar ?

Les modalités financières n’ont pas été rendues publiques. Ni Ornikar ni En Voiture Simone n’ont communiqué de montant.

Les deux marques vont-elles fusionner ?

Non. Ornikar indique que les deux marques seront maintenues séparément après l’acquisition.

Quelle est la taille du nouvel ensemble Ornikar + En Voiture Simone ?

Les deux entités combinées visent plus de 150 millions d’euros de revenus en 2026, avec plus d’un million d’élèves par an et plus de 3 000 enseignants indépendants dans le réseau.

Ornikar va-t-il s’étendre hors de France ?

Oui. La stratégie annoncée cible l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni en priorité, via des acquisitions locales plutôt que du développement organique.

Quel est le rôle de Cosmobilis dans cette opération ?

Cosmobilis était l’actionnaire majoritaire d’En Voiture Simone. Dans le cadre du rachat, il devient partenaire stratégique d’Ornikar, notamment sur les volets financement et assurance pour les jeunes conducteurs.

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